Acheter un PRE

Vous avez été séduit par le Pura Raza Española et vous souhaitez devenir propriétaire de l’un de ces magnifiques chevaux ? Voici quelques informations et conseils utiles afin de faire le bon choix.

Ibérique, Andalou, Espagnol, PRE?

En épluchant les petites annonces pour trouver votre nouveau compagnon, vous allez rencontrer ces termes qui peuvent paraître semblables mais qui ne désignent pas la même chose. Vu l’engouement des candidats acheteurs pour le Pure Race Espagnole, certains vendeurs peu scrupuleux n’hésitent pas à être volontairement flous sur la qualification du cheval. C’est pourquoi il faut être bien attentif sur les termes employés.

  • Ibérique Un ibérique est un cheval qui provient de la péninsule ibérique, c’est-à-dire d’Espagne ou du Portugal. Il n’est pas nécessairement reconnu par un stud-book, mais peut avoir un passeport espagnol ou portugais.
  • Espagnol – Andalou – Hispano Un Espagnol, un Andalou ou un Hispano est un cheval qui provient d’Espagne, mais qui n’est pas nécessairement reconnu par le stud-book de la race. Il peut néanmoins être porteur d’un passeport espagnol.
  • PRE – Pure Race Espagnole – Pura Raza Española Un PRE est un cheval espagnol qui est inscrit au Stud-Book (Libro Genealogico) de la race, géré par l’ANCCE (Asociacion National de Criadores del Caballo Español), plus précisément du ministère de l’Agriculture espagnol (ministerio de agricultura). On dit qu’il est pleins papiers (PP). Il est obligatoirement né de deux parents PRE PP APTO (voir Valorisation).

Il existe bien entendu de bons chevaux ibériques qui ne sont pas reconnu par le stud-book … Mais ce ne sont pas des PRE ! Les PRE ont des origines contrôlées et les reproducteurs sont sélectionnés par le stud-book afin de respecter les standards stricts de la race et de produire ainsi des poulains de qualité. En achetant un Pure Race Espagnole, vous pouvez contrôler ses origines dans le Livre Généalogique de l’ANCCE, retrouver l’élevage où il est né, le faire approuver pour la reproduction, demander un test génétique pour la robe des futurs poulains, … Ce ne sont pas des éléments négligeables quand on est sur le point de choisir son nouveau compagnon !

Elegido CXXXV & Pieters-Driesen Evelyn

Elegido CXXXV & Pieters-Driesen Evelyn

Machicco & Nadia Joosen, Yeguada NJ, Photo: Rik Janssens Fotografie

Machicco & Nadia Joosen, Yeguada NJ, Photo: Rik Janssens Fotografie

Un PRE … à quel prix ?

Maintenant que la distinction entre ibérique, andalou et PRE est claire, parlons du budget à considérer lors de l’achat d’un PRE. Tout d’abord, il convient de définir ce que vous souhaitez comme cheval et quelle utilisation vous comptez en faire. Un poulain de 6 mois, un cheval de loisir, un crack de concours au niveau Saint-Georges, une jument avec des origines prestigieuses pour la reproduction ou un étalon primé en concours morphologiques n’auront évidemment pas le même prix ! Cela signifie-t-il qu’il y a de bons ou de mauvais PRE ? Non, cela veut simplement dire qu’il existe des PRE pour chaque utilisation et donc pour un grand nombre de propriétaires aux budgets différents. Chaque éleveur a sa vision d’élevage et un idéal à atteindre. Certains élèvent pour la couleur, d’autres pour les compétitions de dressage, d’autres encore pour produire des chevaux de loisirs polyvalents.

Le mieux est de consulter la rubrique Élevage de notre site afin de connaître les éleveurs belges qui correspondent à vos critères et de les contacter. Vous aurez affaire à des gens passionnés qui ne sont pas avares de leur temps et de leurs conseils dans le cadre de votre recherche. Vous retrouverez également les chevaux mis en vente par nos membres dans la rubrique Ventes et saillies. Afin de vous aider à établir votre budget, voici quelques tendances au niveau des prix de vente :

  • Un poulain au sevrage coûte évidemment moins cher qu’un cheval expérimenté. Plus le cheval avance en âge, plus il acquiert d’expérience (débourrage, dressage, concours, …), et plus il prend de la valeur. Acheter un jeune cheval est donc souvent moins cher, mais prenez garde, car il faut être un cavalier expérimenté pour éduquer, débourrer et entraîner un jeune cheval. Soyez lucide sur votre niveau d’équitation et demandez conseil à votre moniteur pour ne pas vous tromper.
  • Un étalon est généralement plus cher qu’une jument ou un hongre. En effet, selon la tradition espagnole, les chevaux mâles sont rarement castrés et sont travaillés pour les concours ou les spectacles. Ils ont plus de valeur que les hongres, vu qu’ils peuvent être utilisés pour la reproduction. Les juments sont habituellement des poulinières et la plupart ne sont même pas débourrées. Cependant, les mentalités évoluent et il est de plus en plus fréquent de trouver de bonnes juments PRE, qui n’ont rien à envier aux mâles au niveau du travail, pour un prix parfois inférieur à celui de ces derniers.
  • Les chevaux valorisés pour la reproduction (APTA/APTO ou CALIFICADO) sont plus chers que les chevaux qui ne sont pas approuvés.
  • Les chevaux qui possèdent une robe « de couleur » (alezan, isabelle, crème, palomino, …) sont plus chers que des chevaux aux qualités comparables qui possèdent des robes classiques (gris, bai et noir). Jusqu’en 2002, le studbook n’acceptait que les robes grises, baies et noires. Heureusement, ces robes n’ont pas disparu et certains éleveurs se sont même spécialisés dans ce domaine. C’est à cause de leur rareté que les chevaux de couleur se vendent à des prix plus élevés que des chevaux aux robes classiques.
  • Les origines du cheval ont aussi une incidence sur le prix de vente de celui-ci. Un PRE issu d’un élevage réputé, aux origines prestigieuses, qui compte des chevaux de compétition de haut niveau dans sa généalogie ou qui descend de reproducteurs CALIFICADO affichera évidemment un prix de vente nettement plus élevé qu’un PRE aux origines plus modestes.

C’est pour toutes ces raisons qu’il est possible de trouver un PRE pour pratiquement toutes les bourses. Il faut néanmoins se rendre compte du coût d’un cheval pour l’éleveur. Entre le choix des parents reproducteurs et la vente d’un produit, il y a plusieurs milliers d’euros d’investissement. Il n’est donc pas indécent que cet investissement se répercute sur le prix de vente demandé. Gardez aussi à l’esprit que ce n’est pas le prix d’achat de votre cheval qui vous coûtera le plus cher, c’est son entretien tout au long de sa vie qui pèsera le plus sur votre porte-feuille (pension, vétérinaire, maréchal-ferrant, équipement, …).

Acheter un PRE en Espagne ?

Julieta XIII & Anicée Bandino, Yeguada Bandino

Julieta XIII & Anicée Bandino, Yeguada Bandino

Peut-être êtes-vous tenté d’acheter votre PRE directement en Espagne ou via l’intermédiaire d’un marchand en Belgique ? Nous sommes tous au courant de la crise économique espagnole et nous avons déjà tous entendu parler d’élevages qui envoient leurs chevaux à l’abattoir, faute de pouvoir continuer à les entretenir. La tentation est grande de vouloir faire une bonne affaire. Certains se disent peut-être qu’il y a moyen de s’offrir un crack pour une bouchée de pain ? Il n’en est rien. Nous ne pouvons que vous mettre en garde contre cette fausse bonne idée. De même qu’on achète pas une Ferrari pour 500 €, vous risquez vite de déchanter en voyant les chevaux qui vous sont proposés, que ce soit sur place ou en Belgique via des intermédiaires peu scrupuleux. Méfiez-vous des chevaux carencés, dont les boiteries et maladies sont habilement masquées, et dont les papiers n’arrivent parfois … jamais. En pensant faire une bonne affaire, certains perdent plus d’argent qu’ils ne pensaient en gagner. Nous vous invitons à vous faire conseiller par un professionnel, à faire une visite vétérinaire d’achat complète (réalisée par votre vétérinaire, avec radios) et à être très pointilleux sur les papiers et l’identification du cheval. Il existe évidemment de très bons éleveurs en Espagne, qui vendent de magnifiques PRE tout à fait sains et en ordre de papiers, à des prix comparables à ceux pratiqués en Belgique. Ces chevaux peuvent être importés chez nous. Nous vous conseillons de vous rendre sur place pour de passer quelques jours à l’élevage et faire votre choix en toute connaissance de cause. Là aussi, il ne faut pas négliger la visite vétérinaire d’achat et le conseil d’un professionnel avisé reste à privilégier.

Atttention si vous importer un cheval en Belgique ou si vous achetez un cheval qui n’est pas encore identifié en Belgique!

Lors de l’importation (achat, rapatriement…) d’un cheval venant de l’étranger et non encore identifié en Belgique, il faut impérativement effectuer la demande d’identification directement à la Confédération Belge du Cheval (via courrier ou en ligne via HorseID) dans les 30 jours qui suivent son importation. Vous devrez également produire un passeport valable et un certificat sanitaire rédigés par une autorité compétente du pays d’origine. La validité de ce certificat est de 30 jours. Si vous êtes hors délai où si vous ne pouvez produire ce certificat, vous devrez effectuer une analyse sanguine pour ce cheval. Voir plus de détails ici. Vous n’êtes pas sûr si un cheval est déja identifié en Belgique? Vous pouvez contrôler ça sur le site internet du HorsID.

Des questions ?

Retrouvez les éleveurs belges dans la rubrique Élevage de ce site et consultez les annonces de nos membres dans la partie Ventes et saillies. N’hésitez pas à les contacter lors de votre recherche, ils se feront un plaisir de vous faire visiter leur élevage et de vous aider à trouver le PRE qui vous correspond. Vous pouvez également prendre contact avec l’ANCCE-Bélgica, nous nous efforcerons de répondre au mieux à vos questions.